Quel âge vous sentez-vous?
L’âge est une convention sociale. On dirait parfois qu’il a été inventé pour diviser l’humanité. Il y a l’âge qu’on a, l’âge qu’on “est” ( en anglais), l’âge qu’on pèse et il y a aussi l’âge que l’on sent. Ce dernier, l’âge subjectif ou ressenti, est le plus vrai, celui qui nous représente le mieux.
Amusez-vous à calculer le vôtre. L’exercice est léger mais amusant et pas bête du tout. L’âge subjectif est calculé selon l’échelle de Kastenbaum. Tiré de mon dernier livre (déroulez à droite et cliquez sur la page couverture Les femmes vintage
- Au fond de moi-même, j’ai le sentiment d’avoir __________ans.
- En termes d’apparence physique, je me donne ___________ans.
- J’ai les mêmes centres d’intérêt qu’une personne de_______ ans.
- La plupart du temps, je fais les choses et me comporte comme si j’avais ____ans.
Additionnez vos résultats, puis divisez le total par quatre et vous avez votre âge subjectif.
À table, au lit: Flagrants délices…
Ève croqua la pomme avant de croquer Adam. Dès lors, nourriture et copulation, activités assurant la survie de l’espèce, ont été proches voisines dans l’imagerie populaire.
On a jeté des passerelles entre les univers érotique et alimentaire et l’œuvre de chair évoque tout autant les plaisirs de la table que les délectations charnelles. Le ventre et les fourneaux sont des lieux magiques; la bouche est une cavité tridimensionnelle où transitent nourriture, langage et gustation érotique.
Les romains, maîtres queux de banquets orgiaques, savaient déjà que victuailles et nectar de raisins fermentés amollissent la raison et mènent à la bacchanale. Et c’est précisément dans le but de garder le contrôle des pulsions que toutes les ascèses exhortent à des pratiques sporadiques de privation alimentaire et sexuelle. Tous les pays et cultures regorgent d’instructions métaphoriques entre bouffe et érotisme. Oscar Wilde, connu pour ses amours interdites, signala fort bien la complicité sexualité-alimentation : les grands plaisirs de la vie, disait-il, sont immoraux ou font grossir. Dans le monde occidental et occidentalisé, les mots de la table et ceux du lit sont interchangeables : appétit, manger, lécher, siroter, avoir l’eau à la bouche, saliver, sucer, s’envoyer en l’air comme une crêpe, être en manque, saveurs, variété, faim, anorexie etc. Le pénis est un fruit oblong ou un suçon; le vagin, une bouche secrète; les nichons, des fruits tout ronds. Fesses-pommes, seins-poires, vulve-moule, vagin-huitre, testicule-litchie, pénis-saucisse, clitoris-petit fruit antioxydant, hymen-cerise, nectar vaginal, sperme-sève… Lire la suite de ce billet »
Coquineries: Gros roberts ou p’tits nichons #2
Le sein est à mes yeux la plus belle et la plus séduisante partie du corps féminin. Certes la plus chargée symboliquement aussi. Tous les hommes hétérosexuels se souviennent du premier sein qui les a érotisés, qui les a fait bander, qui les a enivrés et repus la première fois et auquel ils se sont référés ensuite dans leur séance érotique en solo… Je me souviens d’un gars qui, dans ces fantasmes, revoyait toujours la bretelle de soutien-gorge tombée sur le bras d’une belle et le sein qui se gonflait et s’agitait pour sortir de son écrin. Le sein se grave à jamais dans l’univers fantasmatique masculin.
Je me souviens aussi de mon père à qui j’avais demandé, quelques semaines avant sa mort, quel était le plus beau souvenir de sa vie. Sa réponse m’avait un peu stupéfiée et émerveillée: ” Le jour où j’ai vu les seins de ta mère.”
Ce sein des premiers émois érotiques, c’est le Sein avec un grand S. Le Sein de la sexualité, celui qui, dans une sorte de rite initiatique confirme le jeune mâle hétéro dans sa virilité effervescente. C’est le Sein-phare, le Sein-fantasme, le Sein-déclencheur, le Sein-saint…
Coquineries: Gros roberts ou p’tits nichons…
Ce matin sur Twitter, un gars s’est mis à gazouiller sur les seins et leurs synonymes, ces petits mots tantôt sympathiques et sensuels, tantôt vulgaires et repoussants pour les interpeler… Seins: nichons, nénés, totons, tétons, boules, lolos, rotoplos, mamelles, melons, pare-choc et, comme toujours, on oublie les roberts.
Et oui, cette appellation est peu connue au Québec. Vous pouvez vérifier dans votre Robert, le petit ou le gros ( un robert est soit petit soit gros!). Vous verrez qu’on s’est mis, en France, à appeler les seins des roberts par analogie avec les célèbres biberons inventés en 1873 par l’industriel français, Édouard Robert, sans doute un oncle à moi de la fesse gauche
Ça me fait sourire car on m’appelle Jo et quand j’étais enfant, on prononçais Djo et des « djos » c’est aussi une appellation vulgaire de seins en ce pays du Québec… J’ai un collègue-ami sexologue qui s’est toujours amusé à m’appeler Djo les Roberts! Hum… prénom et nom un peu chargés, symboliquement, pour quelqu’un qui occupe la profession qui est la mienne… (à suivre)
Le téléphone…

Ce soir à 21h sur canal Vie débute la nouvelle émission Le téléphone. J’y bavarde avec Geneviève Saint-Germain des couples formés d’une femme et d’un homme plus jeune, ce qui correspond à notre situation à toutes deux. Je suis un peu inquiète: il est rare que j’accorde des entrevues sur des sujets intimistes, qui appartiennent à ma vie personnelle. Sans compter que c’est un concept d’émission un peu particulier, pour la télé, que de filmer des personnes immobiles qui bavardent au téléphone… On verra bien. Mais l’émission tournée chez Myguel (mon coiffeur mxx@videotron.ca) fut sympathique à enregistrer.
Ça sent “ma” rentrée…
Dernière fin de semaine d’été à mon Ubaldine-sur-le-lac. Juillet et août auront été deux mois de farniente, de promenade en kayac, de baignades et de errements dans la nature, de lecture, de soirées arrosées avec des amis, triés sur le volet … Cela, parsemé d’un brin de “tweetage” en piratant (avec son accord) la borne sans fil du chaletier d’en face, et de petits sauts sur ce blogue. Je passe presque tous mes étés ici depuis quelques années et ensuite, je viens m’y ressourcer au fil des mois. L’an dernier, je m’y suis retirée pour écrire Les femmes vintage.
Je reviens vers l’urbanité avec un mélange de joie et de tristesse… Heureuse de ce qui m’attend: conférences, quelques médias, travail de représentation pour l’exposition du Centre des Sciences de Montréal Sexe: l’Expo qui dit tout… Ravie surtout de l’honneur que me fait le Y des femmes qui me décernera en octobre son prix Femme de mérite en éducation et aussi, très excitée de lancer à Paris, en novembre, mon livre Les femmes vintage aux Éditions Michel Lafon.
Tristounette aussi car c’est toujours difficile de s’arracher au calme, à la paix et à la volupté d’une nature bucolique où l’on s’est contenté de se laisser respirer, au jour le jour, avec l’homme aimé. Je quitte aussi mon ami-voisin de lac, qui vit ici toute l’année et qui traverse un gros chagrin d’amour. Avec qui partagera-t-il ses états d’âme? Il a si mal qu’on dirait que son coeur boite… Et puis, j’ai beau aimé ce que je fais, mon travail, la rentrée et l’automne qui viendra, avec sa brise et son brouillard mais l’été qui s’enfuit c’est toujours comme un ami qui part…
J’espère que vous avez coulé un bel été, lumineux et rassérénant. J’espère que votre rentrée se fait, s’est faite ou se fera dans la joie, le plaisir, la satisfaction de faire ce que nous avons à faire. Au plaisir de lire vos commentaires et suggestions.
L’amour peut-il vivre sans Illusion?ou Pourquoi les amoureux ont-ils besoin de créer leurs propres mythes?
La semaine dernière, en terminant mon billet sur le 10e mythe relatif à la vie amoureuse et au couple, je me suis demandé pourquoi les amoureux avaient autant besoin d’adhérer à des mythes ou de s’en forger. J’ai cogité cette question et j’en suis venue à penser que certains mythes, ceux que le couple se crée lui-même, dans une sorte d’allégorie des sentiments, sont nécessaires et nourrissants.
L’amour éternel qui transcende tout, l’amour invincible qui traverse toutes les épreuves, l’amour inconditionnel qui accueille totalement, l’amour multiplicateur qui ne peut que grandir… on se doute bien que ça n’existe que dans les contes de fée. Mais on veut y croire. On a besoin d’y croire. De croire en l’Illusion, de croire en l’absolu. On a besoin de s’élever au dessus du train- train quotidien, de se projeter, avec les poètes, dans une “inaccessible étoile”
Je me souviens de ma première rencontre, il y a de nombreuses années, avec l’homme que j’aime et qui partage toujours ma vie. Nous avions passé la soirée à bavarder comme de vieux copains dans le brouhaha d’un Salon du livre et il m’avait dit en me quittant : « Tous les gens qui nous ont croisés ce soir ont compris que nous sommes un couple millénaire. » C’était complètement fou, totalement farfelu, entièrement fantasmagorique, démesurément mythique. Mais c’était aussi profondément touchant, bouleversant et ça donnait, inéluctablement, envie d’y croire. Lire la suite de ce billet »
Mars-Vénus: Pseudo-science et neuro-sexisme
Je vous invite à lire cet article sur Le neuro sexisme : un ramassis de clichés sur les différences entre les hommes et les femmes.
Cet article rejoint ma pensée et est en lien avec les idées publiées dans les 10 mythes sur le couple et plus particulièrement dans le 10e mythe: Les hommes et les femmes sont si différents qu’ils ne se comprendront jamais!
10e mythe sur l’amour et la sexualité: Les hommes et les femmes sont si différents qu’ils ne se comprendront jamais!
Depuis une vingtaine d’années, c’est le message véhiculé, en filigrane, par les théories de type « les hommes viennent de Mars et les femmes viennent de Vénus”. Pour moi, c’est une insulte à l’intelligence! Plus antagoniste que ça, tu tentes d’inséminer Miss hippocampe avec un spermatozoïde d’hippopotame sous prétexte que les deux ont une racine chevaline ! Si les différences entre les sexes étaient de réels obstacles à la viabilité des unions, les couples gais fileraient le parfait bonheur jusqu’à la fin des temps. Or, nous savons bien que ce n’est pas le cas. Ce qui nuit surtout à la survie du lien érotique et amoureux, hétéro ou homo, c’est : a) l’inaptitude à partager l’intimité et b) la difficulté de durer dans des univers « jetables ». Et cela n’a rien à voir avec les spécificités des genres masculin et féminin.
Adam et Ève se ressemblent bien plus qu’ils ne s’opposent. Pour l’un comme pour l’autre, le plaisir sexuel n’est pas une garantie de bonheur. Les deux ont besoin d’aimer et d’être aimés. Pour l’un comme pour l’autre, c’est le fait de désirer et d’être désirés, d’accueillir et d’être accueillis qui donne toute sa signification au rapprochement intime. Lire la suite de ce billet »













